Les métaux précieux

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L'administrateur d'Euporos cité comme expert par la revue BILAN

 

or et argent, fine fleur des actifs tangibles

Avec l’accélération de l’inflation, la baisse du dollar et la hausse du pétrole, les métaux précieux restent plus que jamais des réservoirs de valeurs à privilégier.

L’engouement pour les métaux précieux ne se dément pas. Le 8 avril, les contrats à terme sur l’or touchaient un nouveau record sur le Comex: 1474,50 dollars l’once. De leur côté, les futures sur l’argent passaient la barre des 40 dollars, un nouveau record sur trente et un ans. Au même moment, l’indice du dollar tombait à un point bas sur cinq mois. Un dollar en baisse et un baril de pétrole à 111 dollars, il n’en faut pas plus pour sonner la charge haussière sur les métaux précieux. « Ce sont des facteurs fortement accélérateurs, auxquels s’ajoute la perte de contrôle des zones de production pétrolière du Moyen-Orient, où les risques de guerre civile sont élevés», estime l’économiste Pierre Leconte, consultant auprès de banques centrales des pays émergents. « Si le pétrole monte à 150 dollars, le dollar sera au tapis, et l’or s’envolera encore.  ».

Le marché défensif des métaux précieux réagit en particulier très positivement aux pressions inflationnistes, qui se manifestent actuellement de façon nette au plan mondial. Pour les contrer, les banques centrales européenne et chinoise relèvent leurs taux d’intérêt, et même aux Etats-Unis, où la politique ne pourra rester longtemps accommodante, les taux longs s’orientent à la hausse pour signaler une accélération de l’inflation.

  L’or et l’argent poursuivront-ils leur ascension? « Tant qu’on n’a pas atteint 2250 dollars pour l’or, et 150 pour l’argent, on n’est pas dans une bulle, ni même pas au prix juste que l’on devrait atteindre si le marché n’était pas manipulé par les banques centrales et les intermédiaires et spéculateurs », affirme Pierre Leconte. Son calcul: pour avoir le prix juste de l’or et de l’argent métal, « il faut prendre les prix de 1980, à savoir 850 dollars pour l’or, et 50 pour l’argent, et les multiplier par un facteur de 3, qui représente la hausse de l’inflation et la baisse du dollar sur la période ». L’or et l’argent connaissent, selon lui, une « hausse structurelle » depuis « l’essor, dès 2001, du système de pyramide de crédit occidental, qui est sévèrement plombé ».

PLUS DE POTENTIEL POUR L’ARGENT

 « Nous sommes clairement haussiers, mais avertissons nos clients que la volatilité sera plus forte que l’an dernier », souligne Stefan Kremeth, fondateur de la société Incrementum, à Baar (ZG), qui gère un fonds de métaux précieux. « Tant que les gouvernements impriment de l’argent, la hausse des métaux précieux n’a pas de raison de s’arrêter.  » Il prévoit que l’argent va atteindre 50 dollars l’once cette année. Son fonds Incrementum Fund Uno a gagné 14% en 2009, 41,5% en 2010 et 12,5% depuis le début de 2011, net de tous les frais. Il se compose à plus de 40% d’or physique et à 10% d’argent physique, le reste étant investi en ETF sur métaux, pétrole brut, et palladium.

Les spécialistes s’accordent à dire que l’argent recèle plus de potentiel, encore, que l’or. « L’argent va doubler à moyen terme, et à terme il sera à parité avec l’or, car il est cinq fois plus rare », estime Louis Schneider, administrateur chez Euporos, revendeur de lingots d’argent basé à Sion (VS). Ce potentiel explique peut-être l’appétit des particuliers, en Suisse comme en France. « Nous assistons à une explosion de la demande pour l’argent », témoigne Louis Schneider, car les particuliers en Suisse et en France peinent à trouver de l’argent en quantité de quelques kilos. C’est pourquoi Euporos s’est créée en 2010 pour acheter de l’argent en gros à des fonderies comme Argor Heraeus, Metalor, et le revendre au détail aux clients. « Ils achètent 1 kilo, et reviennent pour en commander 50 kilos, relate l’administrateur d’Euporos. Certains vendent leur immeuble pour pouvoir investir parfois jusqu’à 500 kg […].

Posséder des certificats sur métaux a moins la cote que la détention en nom propre de métaux physiques. En effet, des lingots entreposés dans un coffre collectif peuvent être prêtés par les banques dépositaires. « Cette dématérialisation du métal est très paradoxale, car elle ôte la sécurité inhérente à cet investissement, souligne Louis Schneider. L’intérêt des lingots d’or et d’argent, pour les acheteurs, c’est la garantie de les posséder en tout temps, soit chez soi, soit dans les coffres de leur fournisseur. Savez-vous que si 10% des clients réclamaient aujourd’hui leurs lingots d’argent en même temps aux banques, il y aurait un krach, car les banques ne parviendraient pas à les fournir?  »

Dès lors, il s’agit d’acquérir un lingot particulier, reconnaissable, que l’on peut récupérer en tout temps. Pour s’assurer qu’il s’agit du même objet, il faut qu’il soit numéroté. Le terme d’actif tangible prend alors tout son sens…

Auteur : Yves Genier et Myret Zaki
Source : www.BILAN.ch



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